| AVIS du Conseil National des Transports sur le projet de protocole « transport » de la Convention Alpine |
La Convention sur la protection des Alpes dite « Convention alpine », ratifiée par les Etats de l’arc alpin ainsi que par la Communauté Economique Européenne a pour objet la préservation de l’écosystème alpin et la prévention des risques pour la santé.
Parmi les mesures décidées par la Convention les grandes lignes de celles relatives aux transports sont déjà définies :
Le protocole transport a pour ambition, sur ces bases, de définir les dispositions spécifiques à mettre en œuvre pour aboutir à des transports écologiquement viables.
Le Conseil National des Transports a été saisi pour avis, par le Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports, par lettre du 17 décembre 1999 du projet de protocole de mise en œuvre de la Convention alpine dans le domaine des transports.
Le groupe de réflexion, présidé par M. QUEROLLE s’est réuni une fois. Des contributions verbales ou écrites, il résulte les observations suivantes :
I/ LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU PROTOCOLE
Ils visent à concilier développement des transports et protection d’un environnement particulièrement sensible, ils ne sont pas contestables mais leurs conditions de mise en œuvre apparaissent par trop imprécises et donc laissées à l’appréciation de chacun des Etats ou des autorités locales compétentes qui auront à s’interroger sur l’efficacité économique des solutions proposées et sur leurs délais de réalisation.
Tel est le cas par exemple du principe de précaution qui peut conduire à des décisions allant de la simple recommandation à l’interdiction totale.
2/ LES STATISTIQUES
Il est indispensable, pour permettre des décisions pertinentes, d’avoir une bonne connaissance du trafic transalpin et intralpin.
Pour le trafic transalpin, il faut déterminer non seulement son volume mais aussi recueillir toutes informations sur les origines-destinations.
Pour le trafic intralpin, une connaissance fine est également nécessaire pour évaluer le trafic généré par les activités industrielles ou artisanales locales, souvent à forte valeur ajoutée, et les activités touristiques, activités qui doivent être préservées.
3/ LES OBJECTIFS DE QUALITE
Le protocole évoque la nécessité de disposer «de critères et d’indicateurs adaptés » sans donner aucune précision ni sur la nature de ces critères ou indicateurs ni sur la façon dont ils seront élaborés.
4/ LE COÛT – FINANCEMENT
Le protocole n’aborde ni le coût des infrastructures à réaliser, ni celui des autres mesures à mettre en œuvre. Or, il apparaît nécessaire de chiffrer le coût nécessairement et incontestablement considérable des mesures préconisées, même si cette évaluation ne pourra être qu’approximative et partielle parce qu’il est difficile de chiffrer par exemple le coût de recherches technologiques liées à l’amélioration des moyens de transport.
La rentabilité économique des investissements à réaliser s’effaçant devant la rentabilité écologique la délicate question de leur financement reste à résoudre.
L’application du principe pollueur-payeur, même sévèrement mis en œuvre, ne saurait à lui seul, être la réponse au problème posé.
Un financement public à la charge des régions et/ou des Etats et/ou de la Communauté est donc inévitable. Des clefs de répartition restent à définir, il est en effet incontestable que l’arc alpin est une région de transit empruntée par des véhicules en provenance ou, à destination de pays très éloignés des Alpes.
5/ LE PRINCIPE DU POLLUEUR – PAYEUR
Ce principe ne doit pas conduire à pouvoir acheter le droit de polluer.
Il doit être appliqué à tous les modes sur des bases objectives et identiques ; ce qui implique :
Il n’est du reste pas certain qu’en appliquant les mêmes règles à tous les modes on atteigne l’objectif poursuivi, c’est à dire de favoriser le transport ferroviaire.
Une action à la source est préférable d’autant qu’il est plus aisé d’adopter des dispositions réglementaires que des modalités tarifaires.
6/ LE TRANSFERT DU TRAFIC VERS LE FER
Si le développement durable implique un rééquilibrage des trafics de la route vers le rail à travers l’intermodalité et en particulier le transport combiné, il faut néanmoins reconnaître que ce transfert a ses limites car le transport routier présente des avantages difficilement substituables sur courtes et moyennes distances notamment lorsque ce transport concerne directement l’activité économique locale.
La mise en œuvre d’une telle politique impose l’élaboration d’une politique globale des trans-ports (les déclarations incantatoires n’ont pas d’effets), politique qui doit être articulée avec la politique européenne et prendre en compte tous les modes de transport dans leurs domaines respectifs de pertinence.
De nouvelles liaisons régionales ne sauront pertinentes que si elles assurent une continuité avec d’autres maillons permettant ainsi des transports à longues distances, c’est à dire en provenance et à destination de lieux très éloignés de l’arc alpin. Tel est le cas notamment de la liaison Lyon-Turin (réseau trans-européen, 6ème des 14 projets d’Essen)
Pour favoriser le mode ferroviaire, développer les infrastructures n’est pas suffisant : les conditions techniques (interopérabilité) et les conditions d’exploitation sont tout aussi déterminantes ; la qualité et la fiabilité de service doivent être améliorées.
Par ailleurs, la condamnation a priori du transport routier est contestable, elle doit être étayée par des analyses scientifiques et comparatives. L’occupation de l’espace, incontestablement de plus en plus importante, par les infrastructures ne saurait être reproché uniquement au transport routier.
7/ LES TRANSPORTS AÉRIENS
8/ LE RÔLE DES COLLECTIVITES LOCALES
Il doit être mieux défini. Les collectivités locales doivent être consultées avant toute décision et en premier lieu pour leur permettre de donner leur avis sur le projet de Protocole.
9/ LES SANCTIONS
Si les Etats signataires s’engagent à faire rapport au Comité permanent des mesures prises en vertu du Protocole , ce dernier ne prévoit aucune sanction autre que des «recommandations ».
Il ne me semble pas que des «recommandations » soient de nature à contraindre un Etat au respect du Protocole.
GROUPE DE REFLEXION « PROTOCOLE ALPIN »
| - M. QUEROLLE | Président |
| - M. BOURGEOIS (C.N.T.) | Rapporteur |
| - M. BABE ( F.N.T.R.) | |
| - M. BARBERO ( C.N.T) | |
| - M. DUMONT-FOUYA (T.L.F.) | |
| - M. LAUFER (G.N.T.C.) | |
| - M. LEHUEROU-KERISEL (I.G.A.C.E.M.) | |
| - Mme LEZINEAU (A.F.T.R.I.) | |
| - M. PIQUE ( D.T.T.) | |
| - M. SALINI ( C.N.T.) |
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Le Président, Pierre PERROD
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